Aurélie Adam Soulé
Ingénieure, passionnée de tennis et de scrabble, femme d’action publique engagée pour la communauté.

Une vocation née au lycée : servir et agir
Née en 1983 à Parakou, Aurélie Adam Soulé est la fille aînée d’Ibrahima Adam Soulé, ingénieur agronome et enseignant, et d’Abibatou Yallou, enseignante. Passionnée depuis son plus jeune âge par l’éducation et l’accompagnement des jeunes et des femmes, elle a construit un parcours à la croisée des technologies numériques, des politiques publiques, de l’action gouvernementale et de l’engagement citoyen.
Sa vocation pour le service à la communauté se révèle alors qu’elle est encore élève au Lycée Mathieu Bouké de Parakou. Avec quelques camarades, elle crée le premier, et à l’époque le seul, club Planète Jeunes de son établissement, « Solidarité Action Plus ».
Le club mobilise des ressources afin de soutenir des élèves dont la poursuite de la scolarité est menacée par des difficultés financières ou éducatives. Cette première expérience lui fait découvrir très tôt une conviction qui ne la quittera plus : lorsqu’une personne dispose de ressources, de compétences ou d’opportunités, elle peut choisir de les mettre au service des autres.
Cette initiative marque le début d’un engagement civique qui se poursuivra tout au long de son parcours.


De l’ingénierie à l’engagement international
Parallèlement à ses études en classes préparatoires scientifiques à Paris, puis à sa formation d’ingénieure à l’Institut national des télécommunications, devenu Télécom SudParis, Aurélie Adam Soulé continue de s’investir au service de la communauté.
Elle devient notamment volontaire d’écoute au sein de SOS Amitié, association engagée dans la lutte contre le mal-être et l’isolement. Cette expérience, au contact de personnes confrontées à des situations personnelles difficiles, approfondit son intérêt pour l’humain et pour l’écoute comme forme d’engagement.
Après ses premières expériences professionnelles chez SFR France, puis chez Accenture France, elle choisit de rentrer au Bénin pour mettre ses compétences au service de la construction du secteur national des télécommunications.
Elle rejoint ainsi l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP Bénin) à ses débuts et contribue aux travaux liés à la régulation du secteur, notamment dans le domaine du spectre radioélectrique.
Quelques années plus tard, elle rejoint la GSMA Afrique, où elle prend la responsabilité des politiques publiques pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
À ce poste, elle travaille sur des enjeux qui dépassent largement la seule dimension technologique : l’accès aux services mobiles et à Internet, le développement des usages numériques et la contribution des télécommunications au développement économique et social du continent.
Elle participe également aux travaux internationaux du secteur, notamment à la Conférence mondiale des radiocommunications de 2015 à Genève.
Cette période lui permet de développer une connaissance à la fois technique, économique, réglementaire et politique des transformations liées au numérique.

YALI : donner une nouvelle dimension à son engagement
En 2015, Aurélie Adam Soulé est sélectionnée pour participer au Young African Leaders Initiative (YALI), un programme lancé par le président américain Barack Obama pour renforcer les capacités et le leadership d’une nouvelle génération de jeunes dirigeants africains.
Elle suit alors une formation en gestion des politiques publiques et en leadership à la Maxwell School of Citizenship and Public Affairs de l’Université de Syracuse, aux États-Unis.
Cette expérience constitue un tournant.
Sa formation, les rencontres qu’elle y fait et notamment sa rencontre avec le président Barack Obama renforcent sa volonté de donner une dimension plus large à son engagement en faveur de sa communauté.
À son retour au Bénin, elle multiplie les actions de sensibilisation, les échanges avec les jeunes et les initiatives destinées à encourager leur développement personnel et professionnel.
Trois ans plus tard, en 2018, elle décide de structurer cet engagement en créant la Fondation Hystérésis.
Hystérésis : transformer l’engagement en action
La Fondation Hystérésis devient l’un des principaux cadres de son engagement en faveur de la jeunesse.
Sa mission est de révéler le potentiel des jeunes, promouvoir l’excellence éducative et renforcer la place des filles et des femmes dans les filières scientifiques, les métiers du numérique et l’entrepreneuriat.
À travers la Fondation, Aurélie Adam Soulé soutient et développe des initiatives qui associent éducation, mérite, accompagnement, connaissance de soi et accès aux opportunités.
Parmi elles figure la Journée de l’Excellence, qui met à l’honneur les meilleurs lauréats des examens nationaux au Bénin et cherche à transformer la reconnaissance du mérite scolaire en opportunités concrètes de poursuite d’études et de développement.
Avec Conversations Inspirantes, elle développe également un espace destiné aux jeunes, particulièrement aux femmes, pour travailler sur des dimensions moins visibles mais déterminantes des trajectoires : la vision, les croyances, les émotions, la confiance en soi, les choix de vie et la construction d’un projet personnel et professionnel.
La Fondation devient ainsi un prolongement naturel de son engagement commencé à l’adolescence : identifier un besoin, rassembler des personnes autour d’une cause et créer des solutions concrètes.

Au service de la transformation du Bénin
En octobre 2017, Aurélie Adam Soulé rejoint le gouvernement béninois.
Elle exerce d’abord les responsabilités de ministre en charge de l’Économie numérique et de la Communication, puis celles de ministre du Numérique et de la Digitalisation.
À ce titre, elle est au cœur de la transformation numérique engagée par le Bénin, tant sur le développement des infrastructures que sur les compétences, l’innovation, les métiers émergents, les services numériques et la structuration de l’écosystème numérique national.
Son action s’inscrit notamment dans le développement des infrastructures de connectivité, l’extension de l’accès à Internet, la transformation numérique des services publics et la création de conditions favorables à l’émergence de nouveaux usages et de nouvelles compétences.
Elle représente également le Bénin dans plusieurs espaces de coopération internationale.
Elle est notamment élue à la présidence du Réseau francophone des ministres chargés de l’économie numérique et nommée membre d’un groupe de travail des Nations unies consacré au financement numérique au service du développement.
En mai 2026, elle rejoint un nouveau gouvernement en qualité de Ministre de la Communication, en charge des Médias.
Cette nouvelle responsabilité prolonge son parcours dans un secteur profondément transformé par le numérique : celui de l’information, des médias et de la communication, où elle s’attache notamment aux enjeux liés à la transformation des usages, à l’évolution des modèles médiatiques et à la place des plateformes numériques dans l’espace informationnel.
Une femme qui continue de transmettre
Malgré les responsabilités liées à ses fonctions, Aurélie Adam Soulé conserve un engagement personnel auprès des jeunes et des femmes.
Elle prend régulièrement le temps d’échanger avec eux sur des sujets professionnels, mais aussi sur des questions plus personnelles : choix de carrière, confiance en soi, leadership, rapport à la réussite, orientation, difficultés et aspirations.
Son parcours professionnel, ses expériences internationales et son chemin personnel font d’elle une interlocutrice sollicitée pour le mentorat, les conférences et l’accompagnement.
Elle considère ces échanges comme une autre forme d’engagement : celle qui consiste non plus seulement à construire des politiques ou des institutions, mais à prendre le temps de contribuer directement à la trajectoire d’une personne.

Écrire pour comprendre et transmettre
Parallèlement à ses activités professionnelles et associatives, Aurélie Adam Soulé développe une réflexion personnelle sur l’éveil spirituel, la connaissance de soi, l’excellence et la manière dont chacun construit son parcours.
Ses écrits et ses interventions abordent notamment la vision, le courage managérial, la performance durable et les conditions permettant de concilier exigence, responsabilité et fidélité à soi-même.
Cette réflexion trouve aujourd’hui une expression particulière dans son travail consacré à l’excellence.
Elle y interroge les représentations courantes de la réussite : l’idée que l’excellence serait réservée à une élite, qu’elle se confondrait avec la performance ou qu’elle dépendrait essentiellement de la reconnaissance extérieure.
Elle défend au contraire une conception de l’excellence fondée sur la connaissance de soi, la découverte de ses talents, la singularité de chaque parcours et l’engagement nécessaire pour développer son potentiel.
Cette réflexion nourrit directement son engagement auprès des jeunes et les programmes de la Fondation Hystérésis.

L’engagement au service de la communauté
L’engagement d’Aurélie Adam Soulé en faveur de la communauté ne repose pas uniquement sur une responsabilité institutionnelle.
Elle apporte personnellement un soutien financier aux activités de la Fondation Hystérésis et choisit de reverser à la Fondation l’intégralité des droits d’auteur issus de la vente de ses écrits.
Pour elle, cet engagement est aussi une affaire de transmission familiale.
Son époux et leurs deux garçons l’accompagnent et la soutiennent dans cet engagement constant au service des autres.
Une même ligne de vie
De la jeune lycéenne de Parakou qui créait Solidarité Action Plus à l’ingénieure devenue spécialiste des politiques publiques, de la professionnelle des télécommunications engagée dans les instances internationales à la responsable de la transformation numérique du Bénin, puis à la ministre chargée de la Communication et des Médias, le parcours d’Aurélie Adam Soulé a changé d’échelle sans changer de direction.
Servir. Apprendre. Construire. Transmettre.
Les contextes ont évolué, les responsabilités se sont élargies, les sujets se sont transformés. Mais une même conviction demeure : les talents, lorsqu’ils rencontrent l’éducation, les opportunités et l’engagement, peuvent changer une trajectoire, et parfois contribuer à changer une communauté.